• Soleil noir • Christophe Sémont

    « Promu sergent dans le nord de l'Argentine, Esteban Pantoja s’apprête à fêter son avancement en compagnie de sa femme et de sa fille. Pour eux, ce soir-là, tout va basculer...

    Adela est serveuse dans un bar de nuit de La Paz. Un boulot comme un autre, en attendant mieux. Depuis quelques mois, elle se bat contre des visions qui la hantent jour et nuit.

    Ils s’appellent Sergio, Kamila, Federico et Diego. Ils sont jeunes, ils ont la vie devant eux. La vie… et un énorme conteneur, abandonné au cœur de la jungle.

    Rien ne les vouait à se rencontrer.

    Et pourtant, leurs destins sont liés. Tous vont être les témoins de la folie d’un homme. Car au plus profond de la forêt amazonienne, tapi dans son antre, un serpent attend son heure... »

     

     

    Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard — il était proposé en libre service à l'accueil de ma cité U — et l'ai pris par curiosité. Mon choix était notamment motivé par la maison d'édition, dont je n'ai entendu que du bien et qui m'intriguait beaucoup.

     

     

    Soleil noir • Christophe Sémont

    Titre : Soleil noir

    Auteur : Christophe Sémont

    Pays : France

    Année : 2015

    Editions Critic • 264 p.

     

    Que dire... Ce livre a été une sacrée déception alors que je n'avais d'attentes particulières à la base, et j'étais même assez agacée quand j'ai fini par le refermer. Je ne l'ai terminé que parce que je n'aime pas abandonner une lecture en cours de route. Pour autant, malgré cette déception, je ne compte pas m'arrêter là avec les Editions Critic : je ne doute pas que je trouverai chaussure à mon pied en allant explorer leurs autres collections ^^

     

     

     

    Avant de râler, je tiens quand même à souligner quelques points positifs. Tout d'abord, détail qui n'en est pas un : j'ai apprécié la beauté sobre de l'objet-livre. Ensuite, on sent que l'auteur a mené des recherches, notamment historiques et culturelles, et s'est donné du mal pour les restituer dans le récit. Troisièmement, la division du roman en courts chapitres, de quelques pages au maximum, fluidifie la lecture et apporte un dynamisme bienvenu.

    Mais alors, qu'est-ce qui ne va pas ?

     

     

     

    En premier lieu, la prolifération des clichés : le roman en est bourré, tant au niveau de la forme (formules toutes faites, cliffhanger forcé à chaque fin de chapitre, nouveaux personnages tous introduits de la même manière avec la même description type) que sur le fond (intrigue prévisible de bout en bout, personnages creux et stéréotypés, qui passent leur temps à "hurler").

     

    Vient ensuite la question du style : direct et sans fioritures il a le mérite d'aller droit au but, ce qui colle bien avec l'esprit du roman. Mais si cela m'a convenu dans les parties narratives, j'ai été beaucoup moins convaincue par les dialogues (et ils sont nombreux !) que j'ai trouvé raides et ampoulés, manquant complètement de naturel, ce qui ne m'a pas permis de développer d'empathie pour les personnages.

     

    En parlant des personnages... c'est là que le bât blesse vraiment. Si aucun ne ressort particulièrement du lot — tous sont plutôt plats et archétypaux — j'ai trouvé le traitement des personnages féminins assez problématique.

    Dans ce roman, les femmes sont :

    • Au mieux des faire-valoirs pour les personnages masculins : la femme et la fille d'Esteban ne sont là que pour lui fournir une backstory tragique ; Amanda pour faire avancer l'intrigue et idéaliser la figure du policier viril ("Coïncidence ou pressentiment, elle avait rêvé de lui une semaine avant. Ils faisaient l'amour dans sa petite chambre d'étudiante sur le canapé qui lui servait aussi de lit") ;
    • Au pire des incapables finies, avec l'exemple notable de la psy la moins compétente du monde :

     

    "La porte de la salle de réunion s'ouvrit à la volée sur une jeune femme à bout de souffle. Sa jupe droite et son chemisier strict contrastaient avec ses traits presque juvéniles. Elle s'installa et sortit précipitamment un bloc-notes.

    Je suis désolée pour le retard, la circulation...

    Monica Gaviria n'aurait jamais dû se trouver là et elle le savait. (...) Elle remarqua tout de suite [l'air détaché du policier]. Elle nota "médicaments ?" sur son calepin et souligna la mention deux fois."

     

    "– Vous me demandez si j'accepterais de voir ma famille mourir une seconde fois, espèce de conne ! Vous feriez mieux de concentrer vos efforts sur les deux tueurs en fuite plutôt que de me poser vos questions débiles.

    La psychologue se recula instinctivement, décontenancée par la violence de la réaction. Elle se mordit les lèvres. Elle avait merdé."

     

     

    Et s'il n'y avait que ça : les femmes, dans ce récit, sont constamment sexualisées — peu importe leur âge, leur occupation, et surtout peu importe si ça n'a pas le moindre lien avec l'histoire. Par exemple, alors que la petite Kamila fait avec sa bande d'amis garçons une découverte macabre dans la jungle, l'auteur juge utile de nous préciser que poitrine est "naissante", qu'elle est "fine et athlétique" et que ses cuisses sont "musclées" : quel intérêt pour le lecteur ?

     

     

    Je vais m'arrêter là, même s'il y aurait encore des choses à dire (notamment à propos de la platitude du personnage principal, ou encore sur les antagonistes si clichés qu'ils en deviennent drôles) mais je n'ai rien à ajouter qui soit réellement constructif : je n'ai pas du tout apprécié ce roman mais à quoi bon m'acharner dessus ?

     

    Pour relativiser un peu ma critique, je dois quand même rappeler que je ne suis pas une grande amatrice de thrillers, et que je ne suis donc probablement pas du tout le public visé par ce livre. J'aurais du mal à le recommander sincèrement à qui que soit mais, si c'est un genre que vous affectionnez et que vous recherchez une lecture rapide et sans prise de tête, il se peut qu'il vous convienne tout à fait.

     

     


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